Un habitat nomade à la mesure de ses habitants, c’est un rêve d’urbaniste, et pourtant c’est possible ! Mais comment intégrer en 3 dimensions les rêves, les aspirations, la réalité concrète, bref… la vie des futurs habitants de nos tiny houses ? On fait le tour de la mini-maison sur mesure avec  Jean-Daniel Blanchet, le gérant de l’Atelier Bois d’ici.

Qu’est-ce que ça veut dire, une mini maison sur-mesure ?

Ça veut d’abord dire que nous construisons les tiny houses pour nos clients. Nous sommes donc à l’écoute du projet du client pour adapter la forme, l’habitabilité, le volume à son utilisation future, concrète et réaliste. Plus que cela : nous réalisons les tiny houses avec nos clients.

Le cahier des charges de nos clients : leurs choix de vie en tiny

Pour une tiny house, le cahier des charges, c’est comment vous concevez votre vie quotidienne. C’est le client qui définit tout cela :  d’abord la fréquence des déplacements et le type de terrain d’accueil, et ensuite le volume, la taille du lit, les habitudes culinaires, etc. parce que faire la cuisine 2 fois par jour demande des plans de travail bien pensés et toute une organisation dédiée aux repas : « Est-ce qu’on se retrouve à table tous ensemble pour manger? Est-ce qu’on va recevoir du monde souvent ? … » Voilà, c’est un peu tout ça le cahier des charges.

La disposition des aménagements intérieurs va permettre par exemple de créer un petit cocon sous la mezzanine ou bien d’avoir un volume important au dessus de l’espace de vie. Ce sont des choix de vie et les principes esthétiques vont contribuer à définir la position et les aménagements les uns avec les autres.

Une mini-maison sur mesure, c’est au centimètre près ?

Pour un de nos modèles, un des « penty-coat » construits pour nos clients, c’est la taille du couchage qui a dicté les mesures de la mezzanine, car les clients possédaient déjà un lit de 130 par 200 cm. Nous avons donc adapté la mezzanine au couchage. Au centimètre près en effet.

Une fois que nous avons défini le cahier des charges, nous évoquons avec le client les contraintes de base, c’est à dire la largeur, la longueur et la hauteur de la tiny house en fonction des utilisations pressenties. Nous gardons à l’esprit que c’est une mini maison mobile, qu’elle va certainement circuler et qu’elle ne peut pas faire 20 mètres de long !

Ensuite, nous réalisons des esquisses au crayon et puis nous dessinons sur logiciel les plans extérieurs et intérieurs. C’est sur cette base que nous échangeons avec les clients. C’est vrai que nous n’avons pas tous la même capacité à nous projeter dans un espace qui n’est encore qu’imaginaire, et c’est la fonction première des plans en 3D : visualiser et se projeter. Mais souvent nos clients sont venus visiter une mini-maison sur place ou bien par l’intermédiaire de nos visites virtuelles 3 D (Voir ici par exemple la visite virtuelle de deux tiny houses autonomes en 3D/360°).

Ensuite, le plan en 3D nous permet de nous lancer dans la construction au centimètre près. Nous entrons dans les détails de la construction, ce qui n’empêche pas de re valider certains choix au fur et à mesure de l’avancée des travaux.

Est-ce qu’une tiny house offre toujours les mêmes fonctions de base ?

On pourrait le penser a priori, mais c‘est vraiment une question de choix parce que les utilisations sont parfois complètement différentes: par exemple, nous avons eu pour clients un couple d’une cinquantaine d’années avec enfants qui étaient propriétaires d’une petite maison traditionnelle, fixe. Ils nous ont commandé leur tiny house simplement car ils n’avaient pas assez de place. Et puis ils souhaitaient avoir une petite maison à coté pour y recevoir des amis. Dès lors, le cahier des charges était simple : un très bon confort thermique, du couchage, un poêle à bois et une cuisine accessoire. Pas de douche ni de wc sec car la Tiny house était située dans le jardin de la maison.

Sur ces deux tiny houses, les toitures sont complètement différentes…

En fait, toutes nos tiny houses sont différentes. Un des Penty Cosy, par exemple, était destiné à un endroit précis : il fallait que la lumière du matin pénètre aussi par la fenêtre du toit, qui donne sur la mezzanine. D’où parfois l’importance du repérage du terrain… (voyez quand même le degré de précision ;-)). Pour le Penty Coat, la forme du toit est plus classique et elle ressemble plus aux constructions traditionnelles qu’on peut avoir ici, ce qui permet une intégration paysagère plus facile.