Récupération de l’eau de pluie en tiny house : quels matériaux choisir ?

Tiny house et récupération d’eau de pluie : quels matériaux choisir ?

Les matériaux de toiture mis en oeuvre dans les tiny houses sont nombreux et ont une influence sur la qualité des eaux pluviales que vous récupérez. Quelle que soit la destination de l’eau récupérée (ce n’est pas le sujet de cet article), le mieux est évidemment de choisir un matériau de toiture qui ne va pas ajouter à la pollution déjà bien présente dans l’eau de pluie.

Un toit en pente de 5% sans rugosité

Le toit de votre tiny house est la première surface de contact avec la pluie. La récupération des eaux pluviales peut s’envisager si la pente du toit de votre tiny house est supérieure à 5%, au delà, l’eau risque de stagner. Si le revêtement est dégradé ou présente des aspérités, les impuretés et saletés peuvent s’y dépose, offrir un cadre pour le développement des mousses, lichens, spores, et générer de la matière dans l’eau récupérée. C’est d’ailleurs pour cela que le bois n’est pas le meilleur matériaux pour la récupération des eaux pluviales, avec le temps, la qualité des eaux de récupération d’une toiture en bois baissera…

De plus, après une période sèche, le mieux est de ne pas récupérer l’eau de pluie des premières averses : laissez-leur le soin de nettoyer le toit avant de récupérer l’eau.

Fibrociment, toit bitumé, asphalte : non !

Les couvertures bitumeuses pour toitures sont souvent composées de fibre de verre recouverte de bitume ou d’asphalte, un résidu de la distillation industrielle du pétrole brut. Résultats à prévoir à court et moyen terme : odeurs d’hydrocarbures, débris goudronnés, jaunissement de l’eau… Bref, c’est définitivement non.

Le fibrociment (les “célèbres” plaques ondulées) est désormais interdit : elles sont constituées de fibres d’amiantes noyées dans un liant de type ciment. Passez directement votre chemin…

La tuile, l’ardoise : oui, mais c’est lourd.

Les toitures “classiques” en tuile et ardoises sont techniquement bien adaptées à la récupération de l’eau pluviale avec une haute tenue dans le temps, une insensibilité au gel et à l’acidité de l’eau de pluie. L’ardoise est faite de feuilletés de schiste, une roche naturelle, dense, dotée de très bonnes qualités mécaniques. La tuile en terre grasse, glaise ou argile, séchée et cuite, ne va pas non plus réagir chimiquement avec l’eau de pluie, mais elle demande plus d’énergie pour son séchage et sa cuisson. Vous pouvez aussi trouver de la tuile en verre, colorée ou pas, pour de jolies effets (attention à la peinture, bien regarder sa composition).

Le problème de ces couvertures est qu’elles pèsent très lourd au mètre carré. Donc, bon matériau pour la récupération de l’eau de pluie, beaucoup moins pour le déplacement et le nomadisme…

Le métal : diversité des métaux de couverture

Le cuivre et le zinc réagissent chimiquement à l’acidité des eaux pluviales : on peut se retrouver avec des métaux en solution dans l’eau de récupération, donc c’est à proscrire pour notre tiny house autonome.

Alors, qu’est-ce qu’il nous reste ? Le bac acier par exemple. C’est une feuille de métal inoxydable, profilée et ou pliée, qui offre de nombreuses formes. Inoxydable, l’acier ne draine pas de métal dans l’eau. Relativement aisée à poser, elle possède un bon compromis en terme de poids au mètre carré. Si le bac acier est en couleur, il faudra faire attention à la peinture, et bien déterminer sa composition avant de recueillir l’eau de pluie.

La couverture du toit de notre tiny house autonome, ainsi que le chéneau de récupération de l’eau pluviale (gouttière intégrée) sont en acier inoxydable. Comme on l’a vu, ce n’est pas le seul choix possible pour récupérer l’eau de pluie, mais avec le cahier des charges d’une tiny house qui prend forcément en compte la mobilité, donc le poids, c’est pour l’instant notre meilleure solution.